OL-Bayern : les notes du match

Publié le par iheb

L'Olympique Lyonnais s'arrête au stade des demi-finales de la Ligue des Champions, stoppé par un Bayern Munich très solide à Gerland (0-3). Les joueurs de Claude Puel ont déçu et la seconde période a ressemblé à un très long calvaire.

Le Bayern a terrassé l'OL


On attendait un Lyon révolté, on eut droit à un Lyon timoré et bien trop tendre ce soir pour espérer rallier la finale et le stade Santiago Bernabeu. Jamais l’OL n’a semblé en mesure d’aller chercher cette qualification loin d’être inaccessible. Mais comme à l’aller, il s’est heurté à un Bayern très solide à défaut d’être génial.

Mais les Rhodaniens peuvent s’en vouloir tant ils sont partis du mauvais pied dans cette rencontre. Incroyablement fébrile à l’image d’un Cris inquiétant, l’OL aurait pu accuser un retard de deux buts dès les dix premières minutes. Un raté de Muller seul face à Lloris (2e) et une saute de concentration suite à une touche (10e) faisaient passer des frissons à tout Gerland, qui se désespérait de voir son équipe prendre les choses en main. Dans une copie quasi-conforme au match aller, les Munichois contrôlaient parfaitement la rencontre et après les alertes initiales, ils concrétisaient leur domination grâce à Ivica Olic, bien servi par Müller (26e). Quatre minute après, Bastos manquait l’égalisation, peut-être le tournant du match, et laissait les siens repartir au vestiaire sur ce score.

Olic allait pouvoir reprendre son entreprise de démolition en seconde période. Deux nouveaux buts (67e, 76e) du Croate traçaient un long chemin de croix pour les Lyonnais. Il faut dire que l’expulsion très sévère de Cris (60e) avait déjà considérablement réduit les espoirs rhodaniens. Dommage car à cet instant, l’OL semblait avoir enfin décidé d’appuyer sur l’accélérateur. Coupé dans son élan, il voyait alors le Bayern réciter sa partition. Il ne faisait pas bon être un joueur lyonnais dans les 20 dernières minutes de la rencontre. Une rencontre que les hommes de Claude Puel n’ont jamais su emballer. Le manque d’ambition de Lyon dans le jeu lui a été fatal à ce stade de la compétition. Il faudra montrer tout autre chose pour accrocher une place qualificative dans cette même épreuve l’année prochaine.

L’homme du match : Olic (9) : dès la 2e minute il profite d’une glissade de Cris côté droit pour centrer à destination de Muller. Son énorme pressing a posé beaucoup de problèmes à l’arrière-garde rhodanienne. Sur un centre de Muller, il résiste parfaitement à la charge des défenseurs centraux pour se retourner et crucifier Lloris d’une frappe du droit (25e). Plus discret en début de deuxième période, le Croate vient tuer le match lors du temps fort de l’OL en inscrivant un doublé d’un tir croisé du gauche sur une passe d’Altintop (66e). Mais ce n’est pas tout. Suite au coup de bambou reçu par les Gones, il vient réaliser le hat trick en envoyant de la tête en pleine lucarne un centre millimétré de Lahm (78e). Pour l’anecdote, sur quatre tirs, l’ancien du HSV a cadré trois fois… pour trois buts. Impressionnant.

Olympique Lyonnais :

- Lloris (5) : si souvent décisif cette saison, il n’a cette fois-ci rien pu faire face à la vague de tirs allemands. Abandonné par sa défense sur le premier but, il aurait peut-être pu faire mieux sur le second. Un bel arrêt face à Robben (56e). Pas grand-chose à lui reprocher.

- Cissokho (4,5) : sous la menace d’une suspension en cas de carton jaune, le latéral gauche avait la lourde tâche de bloquer Robben. Un défi dont il est sorti vainqueur en première période. Plus décevant dans son apport offensif, il a fait les frais du choix tactique de Puel à la mi-temps, cédant sa place à Bafé Gomis (4). L’attaquant n’a pas pu peser sur la défense bavaroise et l’expulsion de Cris n’a bien sûr pas aidé. Il gâche un bon centre de Delgado en envoyant sa reprise dans les tribunes.

- Boumsong (5) : le plus solide des défenseurs rhodaniens au coeur de la tempête. Si son déficit de vitesse face à Robben sautait aux yeux, il a su compenser par un bon placement. Il a paré au plus urgent au cour de la deuxième mi-temps.

- Cris (3,5) : quelle triste soirée pour la capitaine lyonnais ! Lui qui avait sonné la révolte avant ce match retour fut incroyablement fébrile en début de rencontre. 20 premières minutes particulièrement délicates, au cours desquelles une glissade et quelques relances ratées auraient pu ouvrir la route au Bayern un peu plus tôt. L’arbitre se chargeait de l’enfoncer en l’expulsant très sévèrement au retour des vestiaires. Un premier carton jaune sur une intervention licite suivi d’un rouge sanctionnant les applaudissements ironiques du Brésilien ont mis un terme à son parcours en Ligue des Champions.

- Réveillère (4) : s’il a plutôt bien contrôlé Altintop en première période, il est dépassé par Müller sur le premier but bavarois. Bien trop discret offensivement, il n’a jamais épaulé Bastos puis Govou.

- Gonalons (4,5) : comme à son habitude, il a fait parler son physique dans l’entrejeu. Rapidement sanctionné d’un carton jaune, il a subi la loi de la paire Van Bommel-Schweini. Replacé en défense centrale après l’expulsion de Cris, il a bu la tasse à l’instar de ses coéquipiers. Mais son engagement n’a jamais baissé.

- Makoun (4) : il a énormément souffert face au milieu bavarois. Il n’a pas su bonifier les premiers ballons de relance, ses passes étant souvent imprécises.

- Bastos (4,5) : que se serait-il passé s’il avait inscrit ce but qui lui tendait les bras à la 30e minute ? Idéalement servi par Govou, il rate son plat du pied qui aurait remis les deux équipes à égalité. Un loupé qui symbolisait bien sa première période, jouée à l’envers. Repositionné arrière gauche après la pause, il a su couper quelques contres munichois grâce à sa vitesse. Trop peu.

- Delgado (5,5) : placé en soutien de Lisandro, l’Argentin devait être le chef d’orchestre de l’OL. Sans remettre en cause sa qualité technique, il n’a jamais su orienté efficacement le jeu lyonnais, peu aidé il est vrai par des partenaires parfois apathiques. Quelques bons centres à son actif. Remplacé par Pjanic (69e), qui a vécu la terrible fin de rencontre.

- Govou (5,5) : peut-être le Lyonnais le plus dangereux. Mais à l’image de ses coéquipiers, il a toujours manqué un petit quelque chose pour faire la différence. Une très belle frappe stoppée par Butt (61e) qui aurait pu relancer les siens.

- Lisandro (5,5) : la rage de vaincre de Lisandro ne faiblit jamais. Mais comment faire lorsqu’aucun ballon exploitable ne lui parvient ? La statistique est effrayante : 0 tir pour le buteur argentin. Remplacé par Ederson (79e).

Bayern Munich :

- Butt (6) : il ne donne pas l’impression d’être sûr de lui à 100%. Mais les centres lyonnais ne l’ont quasiment jamais inquiété hormis une frappe croisée de Bastos suite à un oubli de marquage de Lahm (30e). Gros arrêt sur frappe de 20 mètres plein axe de Govou (60e).

- Lahm (7) : en première période, il a souvent dû batailler avec Cissokho en un contre un. Des duels qu’il a généralement remportés. A noter toutefois une tendance à oublier l’ailier gauche adverse lors des attaques lyonnaises passant par la droite. Mais son expérience et sa solidité ont fait la différence face à des Gones qui ont trop tergiversé lorsque l’international allemand leur a laissé une infime fenêtre de tir. Plus libre pour monter suite à l’expulsion de Cris, il sera le passeur décisif pour le troisième but d’Olic (78e).

- Van Buyten (6) : des erreurs d’appréciation en début de match, mais l’ancien Marseillais a su imposer un gros impact physique à Lisandro qui s’est trop souvent retrouvé seul face au Belge. Remplacé par Demichelis (45e).

- Badstuber (6) : à l’instar de son partenaire dans l’axe, le jeune Bavarois n’a pas affiché une solidité sans faille, mais il a su éviter le pire grâce à la faiblesse offensive rhodanienne. Un match sobre, mais efficace.

- Contento (7) : vif, le latéral gauche munichois a réalisé un gros match. Même si on peut toujours lui reprocher certains dégagements à l’emporte-pièce, il a parfaitement su neutraliser un Govou peu incisif et qui est apparu en manque de ressources physiques face au Brésilien. Très offensif en seconde période, sa vitesse a fait mal à un Réveillère qui a passé une sale soirée face au duo Contento-Atlintop. Il a toutefois manqué d’automatismes avec son coéquipier turc.

- Robben (6,5) : sauveur du Bayern au match aller, le Hollandais a été très discret en première période. Isolé sur son côté droit, il a souvent raté ses contrôles et tenté de se débarrasser tout seul des nombreux adversaires qui l’entouraient. Si sa viviacité l’a toutefois mis dans des positions intéressantes, le Batave a multiplié les mauvais choix en se mettant hors-jeu. Seule une touche rapidement jouée de sa part pour Schweinsteiger (9e) est à signaler. Plus à l’aise en seconde période, il voit deux frappes enroulées du gauche être parfaitement repoussées par Lloris (56e et 71e). Remplacé par Klose (76e). Petit clin d’œil de l’histoire : il retrouvera le Santiago Bernabeu d’un Real Madrid qui l’a poussé vers la sortie l’été dernier.

- Van Bommel (6,5) : toujours aussi efficace dans son travail de sape, le capitaine du Bayern n’a pas spécialement eu à s’employer pour remporter la bataille du milieu de terrain, l’absence de Toulalan y étant sûrement pour quelque chose. En vieux briscard, il a fait exprès d’aller contre Gonalons pour faire avertir le Lyonnais qui a rapidement su qu’il ne disputerait pas une éventuelle finale. Moins brillant que Schweini sur ce match, l’international oranje s’est toutefois distingué par sa grande qualité de passe… mais surtout avec aucune faute commise ! Qui l’eut cru ?

- Schweinsteiger (7) : bien servi par Robben suite à une touche rapidement jouée (9e), sa frappe croisée passe devant le but. L’international allemand est beaucoup redescendu pour récupérer des ballons et laisser les tâches offensives au quatuor Altintop-Muller-Olic-Robben. A noter une très grosse frappe de 20 mètres plein axe (52e) sur une passe en retrait de Robben. Remplacé par Alaba (78e).

- Muller (7) : il rate la balle du KO seul face au but dès la 2e minute sur une passe d’Olic coté droit.Un une- deux avec Robben lui permet de déborder coté gauche et d’adresser la passe décisive à Olic (25e). Sa vitesse lors des contres a semé la panique dans la défense adverse. Plein de fougue, il doit cependant se montrer plus intelligent dans ses choix lorsque les siens se retrouvent en supériorité numérique face au but adverse.

- Altintop (7,5) : très à l’aise sur son côté gauche, le Turc a souvent effacé facilement ses adversaires en un contre un. Très actif avec le jeune Muller, il a pallié l’absence d’effic acité de Robben. Bousculé par un choc très rude avec Govou, il se reprend au meilleur moment pour repiquer au centre et adresser un caviar à Olic (66e). Manque la balle de 4-0 en toute fin de match lorsqu’il voit son intérieur pied droit frôler la lucarne gauche de Lloris.

 

 

 



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